Julien a entendu parler de gestalt thérapie par un ami. Il a cherché sur Google « comment fonctionne la gestalt thérapie ». Il a trouvé des définitions — « thérapie de l’ici et maintenant », « approche humaniste », « contact et conscience » — et s’est retrouvé à peu près aussi avancé qu’avant.
Ce n’est pas qu’il manque d’informations. C’est que la gestalt thérapie est difficile à saisir par les mots seuls. Elle se comprend mieux, il me semble, quand on part de ce qu’elle fait — de ce qui se passe concrètement en séance — plutôt que de ses définitions.
C’est ce que cet article propose : comprendre comment fonctionne la gestalt thérapie, ses principes fondamentaux, ce qui la distingue d’autres approches, et ce à quoi ressemble concrètement un accompagnement.
La gestalt thérapie : une approche ancrée dans le présent
Le premier principe de la gestalt-thérapie, c’est ce qu’on appelle l’ici et maintenant.
Cela ne signifie pas qu’on ignore le passé. Cela signifie que le passé n’est pas abordé comme une archive à fouiller, mais à travers ce qu’il produit maintenant — dans le corps, dans les émotions, dans la façon dont on entre en relation aujourd’hui.
Julien, par exemple, a grandi dans une famille où montrer ses émotions était perçu comme une faiblesse. Il ne s’en souvient pas comme d’un « trauma » — c’était juste comme ça. Mais aujourd’hui, en réunion, quand une émotion monte, il la coupe. Automatiquement. Sans même s’en rendre compte.
En gestalt-thérapie, ce n’est pas l’histoire d’enfance de Julien qui est au centre. C’est ce geste-là, maintenant : couper l’émotion. Comment il le fait. Dans quel contexte. Ce que ça lui coûte. Et ce qui pourrait se passer s’il ne le faisait plus.
L’ici et maintenant n’est pas une technique. C’est une posture : ce qui est vivant dans la séance est le meilleur matériau de travail disponible.
Le contact : comment on entre en relation avec le monde
Le deuxième concept central est celui de contact.
En gestalt, le contact désigne la façon dont on entre en relation — avec l’autre, avec une émotion, avec une situation, avec soi-même. Ce n’est pas simplement « être en contact » au sens social du terme. C’est la qualité de la rencontre entre soi et ce qui n’est pas soi.
Tout être humain régule ce contact en permanence. On s’approche, on s’éloigne, on s’ouvre, on se ferme. Ces mouvements sont naturels et nécessaires. Ils deviennent problématiques quand ils se rigidifient — quand on ne peut plus faire autrement.
Julien, par exemple, a développé une façon d’anticiper les réactions des autres avant même qu’elles se produisent. Il adapte ce qu’il dit, comment il le dit, pour éviter le conflit, la déception, le rejet. C’est intelligent, d’une certaine façon — ça a fonctionné. Mais ça l’épuise. Et ça l’empêche d’être vraiment là, vraiment lui, dans ses relations.
En gestalt-thérapie, on s’intéresse à ces modes de contact : comment ils se sont construits, ce qu’ils protègent, et ce qu’ils coûtent aujourd’hui. Pas pour les supprimer, mais pour que la personne retrouve une forme de liberté — pouvoir choisir, plutôt que de réagir automatiquement.
L’ajustement créateur : la capacité à trouver sa propre réponse
Le troisième pilier est peut-être le plus difficile à expliquer, et le plus central : l’ajustement créateur.
L’idée est celle-ci : face à chaque situation, chaque être humain trouve la réponse la plus adaptée possible avec les ressources dont il dispose à ce moment-là. Ce qui ressemble à un « problème » — un comportement répétitif, une difficulté relationnelle, une façon de se mettre en retrait — est souvent, à l’origine, une solution créative à une situation difficile.
Julien qui coupe ses émotions : c’était la bonne réponse dans un environnement où les montrer était risqué. Le problème n’est pas la réponse en elle-même — c’est qu’elle continue à s’appliquer automatiquement, même quand l’environnement a changé.
La gestalt-thérapie ne cherche pas à « corriger » ces ajustements. Elle cherche à les rendre visibles, à les comprendre dans leur contexte d’origine, et à ouvrir la possibilité de nouvelles réponses — plus adaptées à ce que la personne vit aujourd’hui.
Gestalt thérapie, TCC, psychanalyse : quelles différences ?
La question revient souvent : quelle est la différence avec une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), ou avec la psychanalyse ?
Ce ne sont pas des approches meilleures ou moins bonnes — elles répondent à des besoins différents, et certaines personnes trouveront plus de résonance dans l’une que dans l’autre.
La TCC travaille principalement sur les pensées et les comportements. Elle identifie des schémas dysfonctionnels et propose des outils concrets pour les modifier. L’approche est souvent structurée, avec des objectifs définis et des exercices entre les séances. C’est une thérapie particulièrement efficace pour des problématiques ciblées — anxiété, phobies, troubles du comportement.
La psychanalyse s’intéresse à l’inconscient, à l’histoire, aux répétitions. Le travail se fait essentiellement par la parole, dans une posture analytique où le thérapeute reste en retrait. Le processus est souvent long, et la dimension d’insight — comprendre pourquoi — est centrale.
La gestalt-thérapie se distingue par sa dimension expérientielle et relationnelle. On ne parle pas seulement de ce qui se passe — on l’explore dans la séance, en temps réel. Le corps, les émotions, la relation avec le thérapeute sont des outils de travail à part entière. L’objectif n’est pas uniquement de comprendre, mais de retrouver une façon d’être plus libre, plus présent, plus vrai dans ses relations.
Comment se déroule une séance de gestalt thérapie ?
Il n’y a pas de protocole fixe en gestalt-thérapie. Chaque séance part de ce qui est là — une préoccupation, une émotion, quelque chose qui a bougé dans la semaine, ou simplement ce qui se présente au moment de commencer.
Le thérapeute est attentif à ce qui se passe dans l’ici et maintenant de la rencontre : ce que la personne dit, mais aussi comment elle le dit, ce que son corps exprime, ce qui s’anime dans la relation. Il peut proposer des expériences — ralentir sur un moment, explorer une sensation, donner une voix à quelque chose qui cherche à s’exprimer — mais toujours en accord avec la personne et ce qu’elle est prête à explorer.
Le rythme est généralement hebdomadaire, les séances durent 45 minutes. Les séances en visio permettent de travailler dans les mêmes conditions qu’en présentiel — la qualité du contact, il me semble, ne dépend pas du fait d’être dans la même pièce.
Pour continuer à découvrir comment fonctionne la gestalt thérapie, le site de l’Ecole Humaniste de Gestalt propose des articles de blog gestaltistes.
Et vous ?
Si vous vous posez la question de commencer un accompagnement — si quelque chose coince et que vous cherchez à comprendre quelle approche pourrait vous correspondre — je vous invite à explorer comment je travaille concrètement.
Pas pour vous convaincre. Juste pour que vous ayez les éléments pour décider si vous souhaitez expérimenter comment fonctionne la gestalt thérapie.
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Cet article a une visée informative et ne se substitue pas à un accompagnement thérapeutique. Si vous traversez une détresse importante, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé.

